Barack Obama aurait pu être Trayvon Martin il y a trois décennies 3 commentaires


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Trayvon Martin, un adolescent Afro-Américain de dix-sept ans, a été tué sous les balles d’un gardien privé, en rentrant chez son père lors d’une soirée pluvieuse, le 26 février 2012 à Sanford, en Floride. Un an plus tard, un jury composé de six femmes blanches déclare le tueur non coupable.

Le jury a accepté la thèse de légitime défense du tueur. Quoique l’adolescent était non armé, Zimmerman l’a poursuivi en qualité de suspect pour lui tirer dessus à mort au moment où il réagi pour avoir été suivi sans répit de plusieurs blocs.

Loin d’être un autre cas de violence urbaine, l’affaire Martin a galvanisé l’opinion publique des États-Unis et l’a ramené à un problème qui persiste encore dans la culture américaine: le racisme. Pas de bavardage sur le sujet, depuis sa première campagne en 2008, le président Obama a qualifié l’événement de tragique, en disant: « Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon ».

Dans son discours énergique Barack Obama a également ajouté que c’est humiliant d’être un suspect dans un magasin en raison de la couleur de sa peau – chose certainement vécue – puisqu’il a été lui-même, il y a quelques années, une victime de suspicion.

Le jour où George Zimmerman, le gardien qui a tué Trayvon Martin a été acquitté, la méga-star Beyoncé a demandé une minute de silence à la mémoire de Trayvon Martin, avant de commencer son spectacle.

Depuis lors, les protestations se multiplient et s’intensifient aux États-Unis. Au moment où je fais la brève analyse de cette affaire, des milliers de gens ne cessent de commenter leur ras-le-bol sur Internet pendant que d’autres sont en train de contester l’impunité chez l’oncle Sam. Des artistes américains escortés de personnes de différentes communautés se mobilisent pour Trayvon.

Les craintes de la communauté Afro-Américaine, à juste titre, ne sont guère dissipées. Et nombreux sont ceux qui croient que la thèse de la légitime défense, peut, comme dans le procès manipulé de Martin,  favoriser l’exécution d’autres Noirs à travers le pays.

Au lendemain du procès de Zimmerman, le président Barack Obama a publié une déclaration sur le verdict du procès stipulant que le meurtre de Trayvon Martin était en effet une tragédie, que les Américains devraient respecter le résultat du procès, mais aussi comprendre que de nombreux Afro-Américains sont encore victimes de discrimination raciale.

Bien que le fédéralisme américain assure le verdict de la Floride, le gouvernement fédéral, par le biais de la police fédérale américaine – le FBI peut aussi enquêter, en invoquant le cordon d’alimentation familier dépeint dans les films. Lorsque l’État local a failli à sa mission d’assurer le niveau de garanties des droits de la personne qui, dans le langage technique est appelé Principe des droits de l’homme non régressifs, l’Etat central doit intervenir.

Le discours du président, sur le sujet le plus évité, montre la violence quotidienne des grandes villes, vis-à-vis des minorités ethniques et des immigrants. Et en affirmant: « J’aurais pu être Trayvon Martin, il y a 35 ans. », le Président des États-Unis a également laissé entendre: qu’il y a trois décennies de cela, qu’il avait été lui-même poursuivi par agents de sécurité et il a vu des femmes garder leur porte-monnaie très serrés et retenir leur souffle quand il marchait à leurs côtés.

On ne saura jamais rien oublier pour avoir été soi-même victime de toutes sortes de profilages et du délit de faciès. Rien ne peut s’échapper de sa mémoire même après des décennies ou même en étant devenu président de la nation la plus puissante au monde, quand il s’agit du racisme qui rend l’existence humaine plus laide que ce qu’elle est.

Thélyson Orélien


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