Et moi, je préfère les chats…


Non pas que je n’aime pas les chiens. Je les trouve charmants, aimables, altruistes; prédestinés à réagir rapidement à nos signaux émotionnels. Ils sont même capables de faire preuve d’empathie digne de tout l’amour que l’être humain serait capable de donner. Mais je préfère les chats.

La raison essentielle de ce choix est que la qualité que j’apprécie le plus dans une relation de toute nature est l’équilibre. Je ne parle pas de relation sacrificielle non partagée et parfaitement utopique, mais de liaison symétrique. Perception enrichissante que les deux parties s’investissent avec les mêmes intensités.

L’amitié est plus facile à réaliser avec un chien, dans l’affection inconditionnelle et prête qu’avec un chat plutôt distant. Pour gagner l’affection d’un chien, il n’est pas nécessaire de faire quoi que ce soit: vous l’intégrez dans votre vie et vous aurez une source garantie d’attachement.

Vous pouvez l’ignorer, l’enfermer, le maltraiter même, et vous recevrez autant et toujours la même attention. Il continuera à remuer sa queue et à être heureux de vous revoir. Pour beaucoup, c’est la grande vertu des chiens. Mais pour moi, c’est sa grande faiblesse.

Mon intention, ce n’est pas de faire le procès des chiens ou de les lancer des adjectifs négatifs : je le répète « ad nauseam », je les trouve adorables, ils me semblent beaucoup plus dignes de confiance que bon nombre d’êtres humains, et ils sont une source d’affection incomparable pour ceux qui cherchent de l’émotion immédiate.

Mais je préfère les chats. Parce qu’avec un chat, il n’est pas question de relation « maître-animal ». Avec un chat, vous avez d’abord comme première tâche d’essayer de construire vous-même la relation. L’amitié se gagne avec lui, et surtout ce n’est pas quelque chose de facilement garanti.

Et c’est dans ce processus d’élaboration de relation que se trouve toute ma fascination. Il est un processus lent, en crescendo, dans lequel, si l’amour est compatible, de magnifiques lignes de progrès peuvent être marquées.

D’abord, vous l’observez; ensuite, si vous faites les choses comme ça doit, alors il s’approchera, pour vous reconnaître de manière fiable et vous saluer à sa façon: en courbant le dos et la queue. Si vous êtes calme et réceptif, il sautera sur vos genoux, comme par magie, pour vous laisser le caresser pendant qu’il ronronne.

Il est évident qu’un chien soit inconditionnel et donne sans rien attendre en retour, c’est ce qui définit selon moi son déséquilibre. Mais moi par exemple, j’aime autant recevoir que donner, et avoir le plaisir de savoir que tout ce qui m’a été donné est un mérite.

J’apprécie le sentiment merveilleux de voir ma copine rentrer à son appartement et d’être accueillie par ses deux chats «Ti-gris» et «Tite-chouette», d’une affection généreuse, heureuse et acquise. D’où vient le sentiment d’écrire ces lignes, en compagnie de ces deux chats qui ronronnent, l’un sur mes genoux et l’autre dormant à mes pieds nus.

Thélyson Orélien
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Image libre de droit, pratique.fr «cohabitation entre chien et chat».

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