Satisfait d’avoir vu Grand Bassam et Abidjan 12 commentaires


Et hop ! Enfin, internet fonctionne presque bien cette fois. Mais pour combien de temps ? On ne sait pas. Je profite de ce miracle de la compagnie MTN qui ne fera pas long feu (le vrai Internet Haut débit garanti) pour écrire ces mots. Emmener des blogueurs munis de leurs ordinateurs portables, sur une place où à chaque clic il est question d’attendre en moyenne entre cinq à dix minutes (ou peut-être plus) avant qu’une page web s’ouvre, c’est comme mettre un artiste peintre devant un chevalet, sans peinture ni pinceau, en lui demandant de peindre tout un paysage.

Les animateurs de Mondoblog et de l’Atelier des Médias de Radio France Internationale RFI m’ont invité à leur troisième voyage de formation à Abidjan parce que je faisais parti des 67 meilleurs blogueurs francophones en direct du monde, en provenance de 27 pays différents (Afrique, Europe, Asie, Amériques et Océanie). Ce fut un voyage «grandeur nature», de défoulement et de rencontres, le long des plages et clubs balnéaires. J’en suis sorti très satisfait de l’expérience.

Pour celles et ceux qui connaissent pas le projet Mondoblog : Son objet est de favoriser l’émergence d’une blogosphère francophone internationale et dynamique. L’enjeu est de contribuer à un développement du contenu francophone de qualité sur Internet. Et ses blogueurs sont des symboles, des exemples, des voix écoutées, respectées. Elles et ils sont lus, commentés, écoutés dans le monde entier. Ils sont invités à assister à des congrès, et beaucoup ont trouvé un emploi grâce à leur casquette numérique .

De Montréal à Abidjan en passant par Casablanca

La Côte d’Ivoire, pays récemment impliqué dans d’horribles guerres civiles. Avant mon arrivée dans ce pays, j’avais de l’inquiétude. Cela ne venait pas du tout de moi, mais de la presse internationale qui a tellement véhiculé de nouvelles peu positives sur ce pays, au moment de sa crise. Entre mon inquiétude et mon enthousiasme, le bon choix a été fait : celui de venir voir de mes propres yeux. Car il est toujours bon de connaître de nouveaux cieux.

La nuit du 29 avril, j’ai volé vers Abidjan en passant par Casablanca. Mais au début le vol n’était pas lisse, avec des bébés qui criaient tout autour, et deux jeunes adolescents turbulents qui frappaient de toute leur force le dos de mon siège. J’ai dû changer de place. Arrivé le 30 au Maroc, mon temps d’escale a été tellement long, au point où un policier me conseillait de prendre le train pour visiter Casa, ce que j’ai fait sans hésitation : «Tu verras c’est magnifique, me disait-il».

J’ai pris le premier train qui m’a amené au beau milieu de Casablanca. C’était magnifique de voir la capitale économique du Maroc. Elle figure dans la première sélection de 77 villes qui sont susceptibles d’être classées parmi les sept plus belles villes du monde, aux côtés de Paris, New York, Montréal ou encore Singapour. Le policier avait raison, car c’est à partir de là que cela a commencé à devenir vraiment intéressant dans ce voyage.

Je suis arrivé le 1er mai à 1h du matin à Abidjan au beau milieu d’une température chaude qui interpelle des sensations fortes. Le chauffeur, Seydou, était déjà à l’aéroport pour m’accueillir. Sur la route vers Grand Bassam, il m’a renseigné sur plein de choses utiles pour ma sécurité et sur la mémoire collective. Rapidement, c’est comme s’il m’avait accordé, une sorte de bouclier-guide contre-arnaque pour mieux passer mon séjour.

J’ai bien respiré les odeurs, la chaleur; j’ai goûté les saveurs et rencontré les gens, tout ce qui fait la différence. Abidjan, la ville la plus peuplée de l’Afrique francophone de l’Ouest, et capitale de facto de la Côte d’Ivoire (Yamoussoukro est la capitale officielle), elle est considérée comme le carrefour culturel de l’Afrique de l’Ouest; sa longue période d’expansion économique, de prospérité et de croissance lui a valu le surnom de «Paris de l’Afrique de l’Ouest» me dit le chauffeur.

Il m’a aussi appris que le nom d’Abidjan, selon une légende, est venu d’un malentendu entre un vieil homme avec une brassée de branches, et un explorateur européen perdu, qui lui a demandé le nom du village le plus proche. Fuyant dans la terreur, le vieil homme a crié : Ntchan mbidjan qui signifie dans la langue Ebrié « Je viens de couper des branches ». L’européen a compris que le nom du village était « Abidjan ». Cette thèse a été confirmé par la revue Jeune Afrique.

Nous ne connaissons pas vraiment le bas-fond d’Abidjan, le vrai, puisque nous n’y avons jamais été. Les Mondoblogueurs ont passé la plus grande partie de leur temps dans l’ancienne capitale de la Côte d’Ivoire, fraîchement désignée patrimoine de l’UNESCO, Grand Bassam, à l’Hôtel Tereso, pas très bon, mais pas mauvais non plus, avec une merveilleuse vue sur l’Océan Atlantique. Des séances de formation intensives (au journalisme et aux outils numériques: la sécurité informatique, les enquêtes, le blogging, le datajournalisme, les collectes et analyses de données, les codes etc) se sont déroulés du 2 au 12 mai à l’Hôtel avec huit formateurs et spécialistes de la Nouvelle Technologie de l’Information NTIC. Des journalistes chevronnés de Radio France Internationale, de France 24 et des experts de Reporters sans Frontières (RSF). 

La nuit tout est agréable à Grand Bassam. Pour se divertir il y a des Night-clubs comme le No Limit, Épilogue et des maquis (bars dansants avec cuisine de la rue). Pour les discothèques, il n’y a pas de frais d’entrée, mais il est apprécié de consommer une bière à 1000 Francs CFA après chaque période de déhanchement Coupé-Décalé.

Nous avons fait deux allers et retours entre Grand Bassam et Abidjan. Pour l’enregistrement de MondoRadio avec quelques blogueurs au Latrille Events, lieu officiel où RFI fêtait ses 20 ans de diffusion dans le pays. Nous avons eu le droit de visiter l’Assemblée nationale, l’Office Nationale du Tourisme (qui fait de nous des Ambassadeurs volontaires du tourisme de la Côte d’Ivoire, en décernant un diplôme à chaque blogueur) et le Journal Fraternité Matin. Le Journal Fraternité Matin est le plus ancien quotidien du pays, qui, sans aucune gène porte les couleurs du pouvoir en place; ce qui risque de lui donner (si c’est pas déjà fait) l’image triste du journal dénué de sens critique et de toutes les notions d’indépendance journalistique, détenant du même coup tout monopole. D’ailleurs seul ce journal, financé à même l’argent des contribuables détient les matériaux sophistiqués nécessaires, capables d’imprimer tous les autres journaux du pays. Alors, vous pouvez imaginer le problème que cela peut poser pour la liberté de la presse ?

Nous étions à Abidjan pour écouter également un jeune monsieur éloquent et fier de nous parler de son association de lobbying en technologie et en création d’entreprise nommée «Connectic». Nous y étions restés plus d’une heure et demi à l’écouter, même si cela ne semblait pas faire l’unanimité chez la majorité des blogueurs.

Plage Grand-Bassam, Côte d'Ivoire.

Ce matin – à Grand-Bassam, Côte d’Ivoire.

Des attraits touristiques de la Côte d’Ivoire

L’Afrique de l’Ouest n’a pas nécessairement de nombreuses attractions touristiques comme les Caraïbes. La Côte d’Ivoire, est donc une alternative. Sa proximité avec de nombreux centres de transport, les attractions naturelles et artificielles incroyables ont beaucoup à offrir aux visiteurs. Pendant mon séjour en Côte d’Ivoire, j’ai recueilli beaucoup de belles raisons de séjourner dans ce pays.

Il y a le célèbre Plateau : principal quartier commercial d’Abidjan, qui possède des gratte-ciels modernes presque capables de rivaliser avec ceux des autres grandes villes du monde. En plus de magnifiques plages de sable blanc, les nombreuses lagunes environnantes d’Abidjan offrent beaucoup d’endroits confortables pour échapper à l’agitation de la ville comme à Grand Bassam.

La musique de la Côte d’Ivoire reflète la diversité des langues qui y sont parlées, ainsi que le large éventail d’instruments traditionnellement utilisés. Souvent incorporant tambours et polyrythmies (consiste à jouer simultanément deux ou plusieurs parties rythmiques de portées différentes dont les débits de notes ne sont pas multiples l’un de l’autre). Il y a beaucoup de styles musicaux uniques dans ce pays. D’ailleurs plusieurs artistes ivoiriens comme Tiken Jah Fakoly, ont trouvé du succès sur la scène internationale.

Une des spécialités les plus populaires est l’Aloko, ou des bananes mûres frites à l’huile de palme épicée avec des oignons cuits à la vapeur et le piment. Cela pourrait être considéré tout simplement comme des plantains frits. On peut facilement le retrouver auprès des vendeurs de rue, dans les Maquis, servi avec de la viande ou du poisson.

Perle des lagunes, la ville d’Abidjan est entourée de plages bordées de palmiers. En outre, les nombreuses maisons et hôtels disséminés le long des côtes offrent un choix abordable. De magnifiques plages peuvent être trouvées dans presque toutes les villes côtières, dont beaucoup ont développé des stations balnéaires luxuriantes pour accueillir les touristes. C’est le cas de Grand Bassam, avec des plages de sable fin et de l’eau chaude capable d’attirer les nageurs et les baigneurs. Mais attention, les courants peuvent être notoirement forts et imprévisibles.

La culture. les tissus colorés abondent les rues d’Abidjan. Les vêtements, les gens les portent tous les jours, à la grande variété des groupes ethniques locaux. Parce que toute diversité est enrichissante, et parce que surtout une grande majorité de mes cousins africains se reconnaissent plus dans leurs Ethnies que dans un sentiment national fort. La culture ici en Côte d’Ivoire est pratiquement partout. L’humeur, et les événements sont tous communiqués par les couleurs et les motifs de tissus traditionnels. J’ai appris aussi qu’il y a des tissus uniques pour les funérailles, les fêtes et les mariages.

Grand-Bassam, Côte d'Ivoire

Mes sincères remerciements 

Je remercie les organisateurs et animateurs de Mondoblog et de d’Atelier des Médias de m’avoir invité, Ziad Maalouf, Simon Decreuze, Raphaëlle Constant, Dylette Sadaoui, Manon Mella et le fondateur du projet Philippe Couve pour le fait de nous avoir accouché avec Cédric Kalonji ce beau bébé du «Tout-Monde».

Un vif remerciement également au directeur de l’hôtel à Raphël Moreau de l’OIF et à Chantal, la congolaise très coquette du blog KongoYetu qui me rappelle une de mes grandes sœurs, Marek lui, mon petit frère.

Remerciements surtout à mes deux frères outres-Atlantique Debellahi et Adebayo, «deux Mondoblogueurs en maturité» qui m’ont donné le privilège de me vêtir pour la toute première fois en boubou et en Afrique s’il vous plaît. Vous ne pouvez pas imaginer ce que cela signifie pour moi. Je pense que ces deux hommes, ce Mauritanien et ce Béninois font désormais partie de mon patrimoine.

Je suis très satisfait d’avoir vu cette ville, malgré les malaises. Oui j’avais eu de beaux malaises. Bref… On pouvait à peine croire que cette ville est dans le même pays qui a connu une guerre civile, opposant deux candidats qui prétendaient avoir gagné l’élection présidentielle de 2010, s’affrontant, jusqu’à ce que le président sortant Laurent Gbagbo soit vaincu par les forces rebelles de l’actuel président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro, soutenu militairement par la Force Licorne de l’Armée Française; ce qui a permis au président actuel Alassane Ouattara de rentrer en fonction.

J’ai déjà voyagé dans environ une dizaine de pays, mais ce voyage n’est pas sans histoire, car pour moi il a une portée très symbolique. Et Abidjan, c’est aussi «la ville lumière de l’Afrique de l’Ouest».

Enfin, je souhaite que l’aventure Mondoblog continue de prospérer sous d’autres cieux ! Et que les frontières fermées s’ouvrent !

Thélyson Orélien
Grand Bassam, le 11 mai 2014


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