Pour une diffusion large et libre des idées


Nous nous demandons souvent pourquoi le mal-être nous ronge si fort. A l’intérieur de nous-mêmes, nous prenons plaisir dans la douleur de l’autre et n’accordons pas attention à leurs souffrances. Un pays, ça ne se bâtit pas sur le mensonge et sur l’imposition des manières de vivre par un parti dominant. Une société, ça se bâtit dans le respect des libertés individuelles. Nous faisons peut-être fi de la conscience collective qui disparaît, mais gare à nous si nous ne continuons pas à défendre avec verve et combativité des opinions favorables à l’émergence de la démocratie, de l’état de droit et de la culture du respect. Nous devons fustiger plus fort les valeurs antagonistes aux modes éthiques de gouvernance.

L’histoire révèle que la résolution des maux régionaux est toujours passée par le rejet du principe d’adaptation d’une solution universelle venue d’un camp politique et par l’acceptation des idées venues de toutes les classes de la société.

Cela revient à nier totalement que nos idées sont les meilleures qui puissent contribuer à l’émergence d’une nouvelle société. Ainsi, nous pourrons éviter de commettre les mêmes erreurs de ce passé honteux qui nous suit et dont nous voulons bien nous débarrasser. Nos idées ne sont que des résultantes de moments intimes de réflexions si, bien sûr nous en sommes doués.

L’on se demanderait parfois pourquoi les dictateurs veulent empêcher l’opposant de s’exprimer ? Nul ne peut prétendre avoir la réponse exacte car devant cette interrogation, il y a deux possibilités. La première est celle qui prétend que ce que l’autre à l’intention de dire n’est pas bon. Pourtant, aussi mauvaise que soit une opinion, il se révélerait juste d’en prendre connaissance car aucun point de vue n’est totalement dénué de sens. Ce n’est pas du nihilisme si on rejette l’idée que toute point de vue émis à une part d’utilité. Et ceci n’est pas non plus un plaidoyer en faveur de l’émergence des idées extrémistes contenant des appels à la violence et à la haine. Elle appelle plutôt à la tolérance et à l’acceptation de l’autre avec ses valeurs. Et même si l’opinion de ce dernier se révélait mauvaise, rien ne justifie le fait de bander sa bouche et de le réduire au silence. D’ailleurs, qui peut dire que dans cent ans, ces mêmes idées rejetées ne se révéleront être des parfaites vérités.

Ainsi, quiconque veut attenter aux libertés d’expression de l’individu ne veut que se procurer de sa personne et de son image intérieure. La parole ne sera plus dans ce sens une fonction biologique personnelle et privée, elle deviendra la propriété de l’état qui se croit de son côté infaillible. Dans cette idiote perspective de s’accrocher à l’infaillibilité, il ne ressort que l’horrible. La prétention de l’infaillibilité fait honte d’abord à l’autorité qui s’en enorgueillit. Croire que ces idées sont les seules qui soient bonnes et empêcher la diffusion d’autres n’est qu’un acte pernicieux.

L’opinion, teintée d’individualisme, peut se révéler, sur certains points, injuste. Nul ne l’ignore. Toutefois, il est du devoir de la société d’en prendre connaissance. D’ailleurs, combien de faussetés absolues du beau fief médiéval de Jean Hus et de la merveilleuse Renaissance ont été rejetées par notre très savante et sacro-sainte église catholique. Et si Isabelle d’Aragon n’était pas catholique, quel sort les juges de l’Inquisition aurait réservé à Christophe Colomb pour avoir adhéré à l’archi-fausse affirmation de Parménide d’Elée stipulant que la terre est ronde (Fausse à son époque).

Cela revient à faire comprendre aux apprentis hommes d’état qu’une société est mieux bâtie quand l’état garantit la diffusion large et libre des idées et des doctrines autant qu’elles ne nuisent pas à l’équilibre et la sécurité intérieure de la nation. Cela bannirait ainsi la prétention qui les pousse à croire que les idées d’un camp peuvent êtres les seules qui soient justes et bonnes et que celles émises par un camp adverse sont inévitablement des poisons mortels alors qu’elles auraient pu être les bases d’une société plus prospère. Ainsi, le niveau de vie de la population serait meilleur et les gens seraient tellement affairés qu’on aurait pas besoin d’un petit gendarme barbu pour mettre fin aux récréations.

Quand la vérité est ainsi bafouée pour servir des intérêts claniques, il faut bien se demander ce qui adviendra de la société dans les décennies à venir. Car, on peut bien tromper l’intelligence d’une génération d’hommes, rejeter et contredire par tous les moyens des idées qui ne serviraient qu’aux intérêts de la nation, mais on peut pas tromper la mémoire de l’histoire. Quand la vérité est bafouée, la nation est trahie et l’avenir est incertain. Nous payons ces mêmes erreurs du passé et nous écrivons le présent avec la même encre, les mêmes dictatures et les mêmes ‘’olé’’ imbéciles qui ont jalonné notre histoire il y a pas si longtemps.

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