Le problème de l’itinérance au Québec

Article : Le problème de l’itinérance au Québec
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28 mars 2014

Le problème de l’itinérance au Québec

Ce qui se passe au Québec avec les itinérants est tout simplement horrible. Juste à côté de plusieurs centaines de millions de dollars en chantiers de construction se trouve toute une communauté de sans-abris dans les conditions les plus dégradantes et insalubres. Ces gens qui vivent comme des invisibles dans le casting de cette société civilisée, sont à destination de nulle part. Le temps est leur pire ennemi. Pourquoi ? Parce qu’il [le temps] ne leur réserve aucun espoir dans cette condition où personne ne se soucie d’eux.

En contraste direct avec la pauvreté et la misère que ces gens vivent, tout autour d’eux sont les signes de prospérité et de richesse d’une industrie de construction en plein essor dans une ville qui aspire à devenir la plus intelligente en Amérique du Nord, où partout fleurissent des bâtiments gouvernementaux. Dans cette ville, les personnes qui ont «le développement durable» pour mission, semblent ne pas les inscrire [les itinérants] dans leur programme. Ces dirigeants créent des fonds d’investissement pour aider aux riches à devenir plus riches, ou pour reconstruire des ponts, et non pas des vies.

Le Québec est sur un air de campagne.

Le problème est pas mal complexe. Bien que la cheffe du Parti Québécois, Pauline Marois avait déjà présenté une Politique nationale de lutte à l’itinérance au cours du mois de février, mais le sujet n’a jamais été à l’ordre du jour, à 25 jours des points de presse de la campagne électorale. On aimerait bien savoir la Politique des aspirants premiers ministres québécois et de leurs partis, concernant ce fléau qui persiste, plus spécialement à Montréal, cette grande ville des Amériques, qui compte à elle seule plus de 30 000 itinérants, un nombre supérieur à la capacité du Centre Bell. La population des sans-abris rajeunit, selon les statistiques, la plupart d’entre eux sont des hommes, et le nombre de femmes a considérablement augmenté. Par conséquent, il semble qu’il serait important d’entendre les chefs expliquer ce qu’ils entendent faire pour résoudre ce phénomène.

Ces gens souffrent souvent de maladie mentale, d’alcoolisme, de toxicomanie ou de dépendance aux jeux ; par conséquent, ils ont été conduits dans la spirale de l’itinérance. La prostitution et l’isolement sont également des parties intégrantes de leur réalité au jour le jour, un problème permanent qui doit être résolu par la ville et le gouvernement. De nombreux organismes communautaires répondent surtout aux besoins immédiats. Ce sont des services typiques offerts par les refuges et les centres communautaires, notamment l’accès à une certaine forme de services sociaux, des repas chauds, des vêtements propres, et l’accès à des douches. Mais peu de ressources en santé mentale.

Jugements, intolérances et maltraitances. 

On peut penser que ces personnes, pour la plupart, vont mourir de malnutrition ou de froid et personne ne s’en souciera, pendant que d’autres prendront leur place. La rare couverture médiatique sur la situation critique de ces pauvres gens, c’est quand la Police en assassine un. En trois ans, trois itinérants ont été tués par des policiers à Montréal. Rappelons l’affaire de cet homme âgé de 42 ans, Alain Magloire, qui a été abattu le 3 février dernier au coin des rues Berri et Ontario, parce qu’il aurait menacé les policiers avec un marteau.

Il s’agit aussi d’une pratique assez courante pour certains policiers de les insulter et les menacer. On se souvient de cette vidéo au contenu stupéfiant qui circulait sur le web, où l’on entendait clairement un policier, répéter à un homme sans-abri, vêtu d’un bermuda et d’un t-shirt, par une température record frisant les -30 à -40°C, que, si il ne se calme pas, il va « l’attacher à un poteau pendant une heure ». Les SDF à Montréal se font parfois déplacer à certaines places pour ne pas offenser les bonnes personnes qui vaquent à leurs activités.

Voilà pourquoi ils marchent autant et sillonnent la ville. Marcher pour ne pas nous offenser, alors que nous jetons à la poubelle ce qui pourrait les aider pendant un an en un mois. Alors que nos animaux de compagnie, à la maison, obtiennent de meilleure nourriture et plus d’amour. L’Homme trouve toujours des raisons pour expliquer chacune de ses erreurs. Vous avez déjà entendu des gens, qui, pour se justifier, disent tout le temps, que c’est la faute aux autres, tout ce qui les arrive. Mais est ce que cela nous autorise pour autant de les juger ?

Écoutons de préférence les propos de ce Monsieur, André Vézina âgé de 56 ans, un homme qui vit l’itinérance depuis 17 ans ; parce que son témoignage est émouvant.

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