19 mars 2014

Vers une nouvelle guerre froide ?

La Syrie, l’affaire Snowdon et les minorités sexuelles : voici trois chose à laquelle s’ajoute la Crise ukrainienne. Ce qui se passe actuellement dans la péninsule du sud de l’Ukraine est profondément inquiétant pour le reste du monde. La situation politique de la nouvelle «République de Crimée», telle que reconnue par Moscou, ravive l’antagonisme entre les puissances nucléaires telles que les États-Unis et la Russie, qui jadis, ont déjà connu des états ​​de choc pendant des décennies.

Rien n’est plus souhaitable que le règlement pacifique des différends, afin d’éviter le risque d’une nouvelle guerre froide à un moment où les nations de tous les continents cherchent une reprise économique et de la stabilité sociale après des crises mondiales successives. L’autoritarisme manifesté par la Russie a favorisé l’invasion armée du pays voisin sous prétexte de protéger les intérêts de la population russophone à plus de 80%, après le renversement du gouvernement ukrainien par un terrible soulèvement populaire. Cette invasion russe est peut-être sans scrupule, on n’en disconvient pas ; mais des invasions et pires encore, on en a vu avec l’Irak (2003), l’Afghanistan (2001), le Panama (1989), le Vietnam (1954). Pas besoin d’aller jusqu’à Hitler quand on a un tel historique d’ingérence et d’invasions.

L’annexion de la République autonome ukrainienne de Crimée à la Russie, faite officiellement ce dimanche 16 mars 2014 par le président Vladimir Poutine, a été soutenue par un référendum de 96,7% de voix ; une annexion promue sous occupation de troupes militaires russes et boycottée par les minorités ukrainiennes et tatars de la région. La transparence ne peut qu’être mise en doute dans un tel processus.

Des représailles ont été annoncées par les États-Unis et ses partenaires européens, tels que des interdictions de visa et un gel des avoirs, contre les fonctionnaires russes à l’étranger ; alors que plusieurs pays européens dépendent du gaz russe.

Le référendum est peut-être aussi illégitime et illégal, comme le disent la déclaration commune des États-Unis et de l’Union européenne, mais il est un fait accompli. Face à cette situation, on ne peut qu’espérer que les Ukrainiens et les Russes retrouvent un chemin de tolérance pour une coexistence pacifique, afin d’éviter des accrochages entre militaires et civils qui déjà, se sont engagés au sein des milices d’auto-défense.

Il est certain que les sanctions occidentales sont destinées à isoler la Russie. Mais elles faciliteront la reprise sans doute une nouvelle guerre froide, qui portera préjudice à tous. Car en cette période de mondialisation, de tout petit conflits peuvent provoquer des frissons à des superpuissances voire même de grandes turbulences mondiales.

Le poète René Char disait : «Viendra le temps où les nations sur la marelle de l’univers seront aussi étroitement dépendantes les unes des autres que les organes d’un même corps, solidaires en son économie.» Devons-nous encore espérer et attendre un peu plus longtemps ?

Reste-t-il encore de la place pour le dialogue entre les deux parties (Russes et Occidentaux) qui semblent très avancés dans le coup de leurs accusations mutuelles ? La communauté internationale doit rester attentive et vigilante dans ​​ce qui se passe actuellement, même si cela semble un conflit lointain. Puisque là où les règles internationales de l’autodétermination des peuples sont bafouées, le monde entier est en danger.

Les États-Unis et l’Union européenne envisagent des sanctions, les pays du G7 ont déclaré le référendum illégal, mais aucun bloc occidental ne peut être en mesure d’arrêter le démembrement de l’Ukraine de sa péninsule du sud et prévenir le début d’une nouvelle guerre, qui risquerait d’être mondiale.- La question qu’il faut se poser aujourd’hui: Est-ce que les Syriens vont-ils payer et subir à leur tour les contrecoups de l’affaire ukrainienne ? 

Thélyson Orélien

VIDEO. Bref repère historique de la République autonome de Crimée

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