Thélyson Orélien

L’économie de l’éphémère

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Par Thélyson Orélien

L’été dernier, moi et un vieil homme, retraité des forces armées canadiennes, on s’était donné rendez-vous au Van Houtte le proche de la rue Sherbrooke Est après une courte prise de parole dans un dépanneur tout proche. 

J’adore les conversations plus ou moins sérieuses avec les personnes âgées qui reconnaissent bien que la jeunesse n’est ni une culpabilité ni un péché: «Il fut un temps, me dit-il, l’idéal c’était la continuité. Quand un homme avait un travail à faire, qu’il s’agisse de la confection d’une paire de chaussures ou la construction d’une église, il consacrait toute son énergie créatrice et productrice à rendre son oeuvre aussi résistant que possible. Il travaillait en pensant aux années à venir.»

Dans la mesure où la société d’hier ne connaissait que peu de changements, un objet avait une fonction bien définie et la logique économique appelait une politique de la permanence. Des choses qui coûtaient plus cher et duraient cinq à dix ans revenaient moins cher, même si elles avaient besoin de réparation de temps à autre, que d’autres coûtant moins cher, mais ne durant qu’un an. Toutefois, avec l’accélération générale du rythme de l’évolution sociale, la politique de la permanence cède la place, nécessairement à l’économie de l’éphémère.

Premièrement… le progrès de la technologie tend à réduire considérablement le coût de la production plus rapidement possible que celui de la réparation, car la première est un processus automatique, alors que la seconde est en grande partie une opération artisanale. Cela signifie qu’il est souvent moins coûteux de remplacer un objet par un autre que de le réparer. Du point de vue économique, la fabrication d’objets à bon marché, non réparables et bons à jeter après usage, est un choix  rationnel, même s’ils ne durent pas aussi longtemps que d’autres, réparables.

Deuxièmement… le progrès de la technologie nouvelle permet de perfectionner sans cesse les objets. L’ordinateur que j’utilise présentement est bien meilleur que l’ancien que j’avais et me revient plus cher, comme on peut le prévoir, mais cela pourrait me coûter encore plus. Car les développements de la science et de la technologie entraîneront des améliorations encore plus nombreuses et plus fréquentes, il est souvent plus sage, économiquement parlant, de fabriquer pour une durée limitée que pour longtemps. Dans les régions urbaines du Québec, certains immeubles d’habitation sont abattus au bout de quelques années d’existence, car les perfectionnements apportés au système de conditionnement d’air dans les immeubles nuisent à la rentabilité, il revient moins cher de démolir des immeubles qui ont, par exemple, dix ans ou vingt ans, que de les modifier.

Troisièmement… à mesure que l’évolution de cette civilisation s’accélère et qu’elle gagne du terrain dans les recoins les plus reculés de notre société, il devient de plus en plus difficile d’imaginer avec certitude les besoins de demain. Nous devenons de plus en plus des gens qui ont conscience du changement inéluctable tout en ne sachant pas trop à quelles exigences nous devrons en faire face. Parce que nous travaillons au plus vite pour rendre le produit adaptable, nous hésitons à engager des moyens important pour une utilisation une fois pour toutes. Et notre objectif est le court terme.

Finalement… l’essor de cette civilisation du tout aux poubelles est une réaction avec des pressions irrésistibles avec des avantages et des inconvénients. Nous assistons aujourd’hui à la réaction en série d’objets modifiés génétiquement et spécialement pour avoir plusieurs usages momentanés au lieu d’un seul. Ce ne sont pas toujours des articles à jeter forcément, car certains sont d’ordinaire trop cher pour cela, mais sont construits de façon à être démontés après usage et remontés ensuite à un autre endroit si nécessaire.

Nous sommes encore là, au Van Houtte à la rue Sherbrooke Est, non loin Des Ormeaux, le vieil homme en face de moi me dit: «Il y eut un temps, les traits étaient relativement permanents, où un homme pouvait s’attendre à ce que ses enfants, et peut-être même ses petits-enfants jouissent des mêmes choses que lui, aujourd’hui tout a changé, les bureaux d’étude d’ingénierie et d’architecture nous inondent de tout un attirail d’édifices provisoires réutilisables, depuis les coupoles géodésiques des pavillons d’exposition jusqu’aux sphères en plastique gonflables qui servent de postes de commandement ou de bureaux de chantier, ces super constructions ne sont que du modernisme à l’éphémère, une civilisation du tout aux poubelles.»

Parce que notre temps est révolu. Parce que le temps par définition n’est qu’éphéméride, petit et même démontable.

Thélyson Orélien in La Presse.ca


Le magazine Newsweek enterre son édition papier

Une image hautement symbolique du tournant numérique apparaît en Une du vénérable magazine pour sa dernière édition papier. Image: Keystone (lematin.ch)
Une image hautement symbolique du tournant numérique apparaît en Une du vénérable magazine pour sa dernière édition papier. Image: Keystone (lematin.ch)

Seulement deux jours sur le marché, pour beaucoup, il est déjà un objet de collection. Deux mois seulement séparent le Magazine «Newsweek» de ses 80 ans. Sa dernière édition papier est devenue le reflet de notre époque qui saute aux publications numériques. La fin de l’édition imprimée de l’un des plus emblématiques amonts américains n’a pas laissé personne indifférent depuis qu’il l’avait annoncé dernièrement en octobre. Sa dernière couverture semble être devenue une métaphore cruelle de la façon dont la crise et le changement de paradigme ont dévoré la presse américaine.

Sans surprise, «  Newsweek » a choisi pour cet «  au revoir » un noir et blanc de mauvaise humeur, comme photographie de couverture du magazine à Manhattan sous le titre « #LASTPRINTISSUE » (dernière édition imprimée). Un design qui est frappé, au moins, d’ambigu, notamment avec l’inclusion de ce clin d’œil à Twitter pour rendre le support dans un triste «  hashtag » adieu.

«Newsweek» a laissé l’édition papier pour la merveilleuse aventure en ligne, avec ou sans l’approbation de ses lecteurs. Selon une étude de l’Institut Pew, le magazine recevait plus de 15 millions de visiteurs uniques par mois sur son site web. Et pour commencer l’année 2013 sa version numérique va essayer de réduire ses coûts d’impression, d’expédition et de distribution. « La décision que nous [avons prise] n’est pas liée à la qualité de cette marque ou au travail de ses journalistes – qui restent plus brillants que jamais. Il s’agit d’une décision liée à l’environnement économique difficile de l’édition et de la distribution. » a expliqué Tinla Brown, la rédactrice en chef « Nous avons atteint un point critique où nous ne pouvons pas atteindre nos lecteurs dans un format numérique. » a-t-elle reconnu.

En compétition éternelle avec le prestigieux « Time », jamais il n’a réussi à arracher le trône. « Newsweek » avait une grande importance dans les années 60 avec sa couverture du mouvement des droits civiques. À son apogée, le magazine atteint un tirage de plus de 3 millions d’exemplaires, seulement aux États-Unis, mais depuis 2007 il a enregistré une énorme perte de lectorat et de recettes publicitaires.

En 2010, le magazine a été vendu pour un dollar symbolique au milliardaire Sidney Harman par le groupe Washington Post, quelques mois avant sa fusion avec The Daily Beast. Paradoxes du destin, sa dernière parution est la meilleure illustration du déclin d’un géant qui est né dans l’amertume de la Grande Dépression.

Thélyson Orélien

Sources : AFP / Le Matin.Ch


Le moment opportun pour interdire les fusils d’assaut aux États-Unis

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Par Thélyson Orélien

Newtown, petite ville pittoresque de la Nouvelle-Angleterre dans l’État du Connecticut est devenue le site d’une école de tir des pires meurtres collectifs commis aux États-Unis. Les citoyens sont consternés depuis ce week-end, et se demandent : comment est-ce possible? Aucune phrase valable pour  exprimer vraiment ce coeur brisé.

Ce vendredi 14 décembre 2012, vers 9h30 du matin, selon le New York Times, un antisocial âgé de 20 ans muni d’un chargeur standard semi-automatique a abattu vingt enfants et six adultes en moins de vingt minutes, à l’enceinte de son ancien établissement scolaire, parmi eux des victimes, dont la quasi-totalité n’avait que 6 ans. Le temps que la police soit arrivée, le délinquant serait vite suicidé.

Selon ce qu’a rapporté l’enquête de la police du Connecticut, le jeune homme avait probablement tué sa propre mère, une femme âgée de 57 ans, durant son sommeil avant de passer à l’assaut. Le silence absolu mélangé de pleurs et douleurs s’est installé aux quatre coins de Newtown, en dépit des centaines de personnes, en dépit des pompiers et des policiers, en dépit des caméras de télévision, des photographes et de journalistes.

Des ballons colorés, des ours en peluche, des animaux rennes, des bouquets, des bougies et des affiches empilées devant les panneaux à l’entrée du banc de faible hauteur du bâtiment de l’école primaire Sandy Hook.

Des larmes coulent à flot derrière des lunettes de soleil, des lèvres tremblent devant des bougies : rouge, bleu ou jaune, allumés avec des images décorées devant l’établissement scolaire, devenu depuis lors, le lieu de tous les maux.

De nombreux actes de bravoure ont fait surface dans les rapports de police, pendant le déroulement de l’enquête. Une enseignante suppléante aurait tenté de protéger ses élèves du tueur dans une salle de classe en les aidants à s’évader par la fenêtre. On a retrouvé des enfants cachés dans des placards, un peu partout. Une autre enseignante a décidé de rester avec ses élèves jusqu’à ce que passe le danger. Une autre a même essayé de distraire ses élèves en leur demandant d’identifier des couleurs, peut-être des dernières couleurs qu’ils ont pu identifier.

C’est l’une des pires scènes de fusillades des États-Unis, pays de tant de fusillades dans les écoles et les universités. Dimanche, les habitants de Newtown, par centaines, ont assisté à des services religieux et des veillées pour ceux qui cherchent du réconfort, tout en essayant de retrouver un moyen pour donner sens à la tragédie.

Le président Barack Obama, se rendant sur les lieux deux jours après le drame afin de réconforter sa population, il a promis de faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher que des tragédies de la sorte se reproduisent. Mais qu’est-ce qui explique que des citoyens, de même que l’auteur du drame de Newtown, se retrouvent en possession d’armes militaires ? La réponse est simple, c’est que les politiciens américains n’osent pas resserrer les lois sur la prolifération des armes.

Le drame de Newtown, comme bien d’autres avant lui, montre combien l’Amérique a besoin de nouvelles lois sur le contrôle des armes, il nous montre aussi la négligence de l’ancienne administration républicaine du président George W. Bush.

L’arme que le tueur a utilisée pour son acte est l’un des fusils d’assaut semi-automatiques du Bushmaster, version civile du fusil d’assaut M16 des forces armées américaines. Elle s’ennuie de cartouches qui sont similaires aux munitions standards des forces armées de l’OTAN, c’est une arme qui tue ses proies de manière instantanée, son acquisition avait été interdite de 1994 à 2004 sous l’administration de l’ex-président démocrate Bill Clinton, durant son premier mandat en 1994. La concession fatale était de limiter l’interdiction pour seulement dix ans et non pas de manière permanente. Le président Bush a saisi les occasions en 2004 de ne rien faire à propos de la prolifération des armes.

Les groupes démocrates dans les deux chambres du Congrès américain ont jusqu’à présent fait peu à ce sujet. Le président a même hésité de prendre certaines mesures au cours de son premier mandat.

Seule la période d’attente pour l’achat d’armes a été étendue dans certains États américains. Mais cela n’a pas empêché un carnage sanglant à Newtown. La même chose pour le massacre de théâtre d’Aurora.

Au cours de la dernière campagne électorale, le président Barack Obama a annoncé des mesures pour resserrer les lois sur les armes, les républicains avaient pourtant annoncé l’opposition à tout resserrement. Aujourd’hui, on se demande si le moment ne semble pas de plus en plus opportun pour interdire les fusils d’assaut et les semi-automatiques à partir des rayons des magasins ?

Thélyson Orélien


USA : Vers la taxation des plus riches

DÉMOCRATES ET RÉPUBLICAINS SE RENVOIENT LA BALLE SUR LE BUDGET AMÉRICAIN

Par Thélyson Orélien

Les congressmans américains sont au pied du mur, les négociations sur l’avenir du budget fédéral américain semblent être sur le point de porter fruits. Le président républicain à la chambre des représentants du congrès, John Boehner s’est convenu ce samedi à une hausse d’impôt pour les citoyens les plus aisés.

Cette hausse que le président Barack Obama souhaite imposer aux ménages les plus fortunés des États-Unis, les républicains sont sur le point de l’accepter, mais cette fois si elle irait à une réduction importante des dépenses sociales afin de débloquer le mur budgétaire ce qui semble être refusé par le camp du président américain.

Même s’ils se sont entretenus hier a une longue réunion à la Maison-Blanche afin d’accélérer le dossier, et communiquer au téléphone un jour plus tôt après Obama et Boehner restent les deux principaux acteurs majeurs, bien que leurs parties ne sont toujours pas proches d’un accord, mais tous les progrès restent à réaliser dans leurs négociations.

Pour la première fois, le Président de la Chambre a accepté une augmentation de l’impôt, ce qui représente quelque chose d’essentiel.

En particulier, Boehner propose d’augmenter le 1er janvier 2013, les impôts pour les Américains les plus riches, à partir de ceux dont le revenu dépasse 1 million de dollars par an. Mais Obama pour sa part propose que les taux d’imposition soient haussés pour tous ceux gagnant plus de 250 000 $,

En outre, il veut utiliser de nouvelles méthodes de comptabilisation des coûts, ce qui va retarder le développement de la sécurité sociale et d’autres programmes fédéraux liés au système de soins de santé qui permettra d’économiser des centaines de milliards de dollars au cours de la prochaine décennie.

Dans le même temps, cette proposition de Boehner ne prévoit pas l’extension de l’expiration des allocations de chômage. En outre, il est difficile de savoir comment le problème sera résolu avec la séquestration du budget, qui peut commencer le 2 janvier et qui aura une incidence sur de nombreux organismes fédéraux en Amérique, y compris le Pentagone.

Les possibilités de contacts restent, mais il n’y a pas d’accord. Des crises n’ont pas cessé de frapper l’Amérique ces derniers jours, l’Amérique saigne, registre des armes à feu, déficit fiscal, mais la Maison-Blanche jusqu’ici abstenue de tout commentaire sur les sujets.

Nous sommes en décembre, et John Boeher n’aura que deux choix, soit qu’il écoute la voix du président Obama ou celle du père Noël.

Thélyson Orélien


Tous les conflits deviennent mondiaux

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Par Thélyson Orélien

CHRONIQUE :

Conflits et guerres. Que d’efforts n’a-t-on pas vu conjugués pour établir la paix à ces conflits? Hélas! Elle se dérobe toujours. Beaucoup de leaders inspiraient l’espoir d’établir la paix dans le monde. Ils se sont violemment élevés. Mais, ils se sont trompés pour avoir utilisé des méthodes inadéquates en vue d’arriver à une société idéale. Au lieu de transformer le monde, ils ont donné au contraire beaucoup de nuits de cauchemar et de journées d’horreur à l’humanité.

Les faits montrent bien qu’en dépit des solutions proposées, l’homme moderne a encore soif de violence pendant qu’il s’enfonce dans l’abîme de la misère. Parce que les institutions mondiales sont faibles. En 1889, avait lieu à La Haye la première conférence internationale pour la paix. Trois mois plus tard éclatait la guerre des Boers et dans quatre années qui suivent la guerre Russo-Japonaise. En 1907, la deuxième conférence eut lieu de nouveau à La Haye. L’année suivante, les Balkans étaient de nouveau le théâtre d’une révolution. La guerre Italo-Russe éclatait en 1910, la guerre Turquo-Balkanique suivie en 1914 et la Première Guerre mondiale se déclarait, tandis que les chefs d’État étaient réunis pour inaugurer le grand palais de la Paix.

Après ces conflits, on signa en 1919 le Traité de Versailles qui donna naissance à la Société Des Nations (S.D.N.) Une conférence de limitation des armements et des forces navales se tient en 1922 à Washington. En 1925, c’était la signature du traité de Locarno, accords qui paraissaient avoir résolu les problèmes européens. En 1928, le pacte Briand-Kellog signé par les représentants de 62 nations mettait la guerre hors-la-loi. Hélas! Ces accords internationaux n’étaient pas assez puissants pour empêcher les guerres. Ils n’avaient pas pu empêcher l’anéantissement de millions d’êtres humains.

On créa deux institutions à vocation internationale: Le F.M.I et l’ONU dont la mission était d’assurer le bon fonctionnement du monde. Malheureusement, les structures internes de ces organisations internationales sont impuissantes pour maintenir la paix et la sécurité. Le F.M.I. dont le but était de faciliter l’expansion et l’accroissement harmonieux du commerce international, de promouvoir la liberté et la stabilité des changes est qualifié de gendarme financier. Il se vit reprocher de vouloir appliquer dans les pays en voie de développement des recettes économiques inadaptées aux exigences locales. L’hostilité de l’opinion publique envers le F.M.I. s’explique aussi par la structure de son pouvoir interne.

Au sein du F.M.I. le droit de vote de chaque état est proportionnel à sa place dans l’économie mondiale et d’une somme de ses dépôts. Les Nations-Unis ont également failli à leur mission. Gardienne de la stabilité mondiale. Elle est devenue au contraire une arme de guerre au lieu d’être un instrument de paix.

La faiblesse a été démontrée à plusieurs reprises. Depuis la naissance de l’ONU, plus de 200 conflits armés ont éclaté dans le monde, sa capacité à sauvegarder la paix est paralysée par la menace constante des grandes puissances au Conseil de Sécurité, principal organe de décision, transformé en un champ où se livrent un duel sans merci, un forum où les nations polémiquent à la façon dont les partis s’affrontent dans l’enceinte d’un parlement.

En raison des politiques pratiquées, non seulement les grands problèmes sont écartés, mais beaucoup de litiges de peu de d’intérêt sont au contraire portés au niveau d’une crise mondiale. Ce qui se passe à l’ONU, en réalité, exacerbe les conflits au lieu de les régler. Une foule de nations qui ne sont directement intéressées en rien par un conflit y sont impliquées. Le résultat pourrait-on dire est que tous les conflits deviennent mondiaux.

Thélyson Orélien in LaPresse.ca


Redites-nous des mots du droit

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Image : blog.expertmemoire.com

Une étudiante d’origine malienne me parlait de son pays, elle me parlait des malheurs du Mali et de sa situation dans le Nord, une bande de terroristes enguenillés a mis en déroute l’armée du gouvernement, séquestrant des femmes, les violent et les torturent sous le seul prétexte qu’elles ne sont pas intégralement voilées. Le tout pour obéir à la volonté normative de prescriptions écrites et soi-disant sacrées, qui, malgré l’évolution de nos sociétés continuent à définir la femme comme un objet-meuble devant rester à la maison dans le but de satisfaire l’appétit végétatif du mari. Ces hommes armés se réservent aussi le droit de vie et de mort sur leurs sujets.

En cette journée pas comme les autres, journée pour faire cesser la violence faite aux femmes, nous avons besoin grand qu’on nous redit haut et fort les mots du droit et qu’on nous referme poliment ces sacrés bouquins qui puent l’idiot rance. Ne parlons plus d’intégrisme de mauvais aloi refusant toute évolution sociale au nom de traditions moyenâgeuses qui souhaitent aussi que nos universités ne comptent aucune personne de sexe féminin, comme cette Malienne brillante et intelligente que j’ai rencontrée durant mon printemps d’Érables.

Alors que des pays établissent une certaine parité plus ou moins modèle pour optimiser un certain développement multisectoriel, dans d’autres pays ils se complaisent dans le refus de l’autre au profit d’un système rétrograde, anachronique et dénué de sens. Dans ces pays, la gent féminine, frappée de minorité, est considérée comme une pestiférée. Elle est objet du droit et non-sujette de droit. Dans ces lieu-dits, la femme n’a même pas le droit de fréquenter une école, d’aller à un hôpital et même de marcher dans la rue sans être accompagnée de son mari ou de son frère;  ses droits fondamentaux sont complètement foulés aux pieds.

Ce sont les droits des hommes, des femmes et des enfants qui définissent les facultés et les privilèges que possède l’être humain, de tels droits remontent de l’antiquité égyptienne, grecque ou romaine. En effet, malgré le culte de personnalité qui existait à cette époque, le pharaon n’avait pas le droit de vie et de mort sur le commun des mortels. En Grèce antique ou mieux dans la cité athénienne, les philosophes se penchaient sur les droits de l’homme. Dans la république de Platon, l’accent était mis sur les divers régimes politiques et sur les avantages de la démocratie d’essence humaniste. À la Rome Antique, malgré que ce fût une société patriarcale, le paterfamilias n’avait pas l’exclusivité du droit. Les citoyens étrangers, les pérégrins jouissaient eux aussi de certains droits. Les jurisconsultes romains n’avaient pas une vision clanique du droit.

La Déclaration des droits de 1689 issue de la glorieuse révolution de 1688 affirmait explicitement que le roi ne peut suspendre l’application des lois, le régime anglais se retrouva dans la philosophie de Locke, son théoricien qui prône le droit naturel dont la sauvegarde ne peut être assurée que par des gouvernements émanant de la souveraineté nationale. La constitution américaine de 1787 de son côté nous parle de l’inviolabilité de la propriété, du droit à la vie et au bonheur. Ce document était également une source d’inspiration pour les philosophes français du XVIIIe siècle. Et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 aout 1789 proclamait que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit; que le principe de toute souveraineté réside dans la nation; que tous les citoyens égaux et ayant les mêmes chances devant la loi sont également admissibles à tous emplois publics, sans autres distinctions que celles de leurs talents; et que nul ne doit être accusé, arrêté ou n’y être détenu que dans les cas déterminés par la loi.

À la faveur de la révolution de 1789, certaines femmes revendiquaient aussi leurs droits en tant qu’êtres humains, par exemple, Olympe de Gouges, qui a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs. Ces femmes voulaient soumettre à l’Assemblée législative française de 1791 une déclaration qui postulait que la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droit. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées sur l’utilité commune. Les mères, les filles, les soeurs, représentantes de la nation eux aussi demandent d’être constituées en assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme comme causes des malheurs publics, on a décidé d’explorer dans une déclaration solennelle, les droits naturels et inaliénables de la femme. Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Par êtres humains, on entend les hommes, les femmes et les enfants; soit une vue plurielle.

Aujourd’hui, l’expression Droits des êtres humains signifie un tout, une globalité, c’est-à-dire le droit de vivre, pour tous et pour toutes; le droit de se nourrir, de se vêtir, de se loger, le droit à l’éducation, au travail, à son propre mode de vie, aux soins médicaux, à l’information et à la liberté d’expression. En définitive, les droits de l’homme, de la femme et des enfants sont inclus dans les droits de la personne humaine, sans distinctions de cultures, de races ou de religions; et dans un quelconque recoin de la planète, comme au Mali, si ces droits sont systématiquement suspectés d’être violés ou foulés aux pieds, il reviendra aux nations plus ou moins modèles d’intervenir pour rétablir l’ordre, d’où le devoir ultime d’ingérence.

Thélyson Orélien


Le retour à l’équilibre annoncé

Ce budget responsable, avec ses hypothèses de croissance réalistes et les contraintes majeures imposées à la croissance des dépenses gouvernementales, nous conduira, comme prévu, à l’équilibre budgétaire en 2013-2014 : PHOTO MATHIEU BÉLANGER, REUTERS

Ce budget responsable, avec ses hypothèses de croissance réalistes et les contraintes majeures imposées à la croissance des dépenses gouvernementales, nous conduira, comme prévu, à l’équilibre budgétaire en 2013-2014 : PHOTO MATHIEU BÉLANGER, REUTERS

Par Thélyson Orélien

LaPresse.ca

Le Québec retourne à son équilibre budgétaire et espère garder le cap jusqu’en 2014. Celui du Canada tout entier a été remis pour 2017. Alors, les recettes de la belle province sont désormais égalées à ses dépenses, ce qui lui permettra de s’acquitter à une partie de sa dette. Dans le cas contraire, un quelconque déficit pourrait continuer à augmenter considérablement ses dettes.

Tenant compte du vieillissement de sa population et de son endettement, l’économie québécoise a toujours été celle de la rigueur ce qui lui permet aujourd’hui de reprendre la voie de l’équilibre et à être de moins en moins touché par la récession économique contrairement à ses voisins, et d’autres puissances économiques plus précisément celles de l’Europe qui ont connu des récessions importantes suite à l’avènement des grandes dépressions. Donc l’expansion économique du Québec se poursuit, malgré l’ampleur de la récession mondiale.

L’année fiscale 2012-2013, celle où le Québec doit atteindre son équilibre budgétaire, peut-être considérée comme un des objectifs du budget de l’année 2010-2011du ministre des Finances de l’époque, où le déficit s’était évalué à 4,2 milliards de dollars. Dans cedit budget, le ministre établissait une stratégie qui consisterait : premièrement à réviser à la hausse les déficits prévus en 2009-2010 en 2010-2011 de manière à ne pas nuire à la relance économique, et ensuite à mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour atteindre les cibles initiales prévues au retour à l’équilibre budgétaire à compter de 2011-2012 et ainsi éliminer le déficit d’ici 2013-2014.

Parce que les Québécois sont lourdement taxés en Amérique du Nord, mais aussi le progrès de l’aérospatiale a joué un rôle avant-gardiste, contrairement à l’industrie de l’automobile, et aussi grâce à la bonne tenue du marché de l’immobilier moins touché ici qu’ailleurs, on se demande si le travail de l’ancien gouvernement libéral au point de vue économique a été bien assuré lors de son précédent mandat. Car des perspectives économiques comme la hausse des droits de scolarité pour garder l’équilibre étaient farouchement contestées.

Le Québec s’est tenu même à l’impossible, malgré le recul de l’activité économique sur le plan international. Maintenant, il ne reste qu’à croire à la perspective économique du gouvernement en place et aux travaux de son ministre des finances pour le maintien d’une situation économique qui profite à toute la population. Car les fatalités macro-économiques n’arrêteront jamais de menacer par-ci et par-là.

Espérons que les signes de cette amélioration économique ou financière deviennent de plus en plus visibles dans le réel quotidien de la population tout en espérant également au redressement graduel de l’économie mondiale.

Thélyson Orélien


Le Cas Suprenant

Gilles Surprenant – Image vidéo
Gilles Surprenant – Image vidéo

Par Thélyson Orélien

LaPresse.ca

« Je voudrais simplement m’excuser auprès de la population et dire que je regrette sincèrement tout ce que j’ai fait ». C’est par cette déclaration que l’ex-ingénieur de la Ville de Montréal Gilles Surprenant a conclu son témoignage-choc devant la commission Charbonneau. Après quatre jours de témoignages au cours desquels il a admis avoir reçu des pots-de-vin de plus de 700 000$.

Bien qu’il ait admis tous ses crimes. Monsieur Surprenant nie aussi de toutes petites allégations par le biais de quelques-unes de ses déclarations, des choses qu’il ne savait pas, ou quelques choses que sa mémoire a échappées, tout en rejetant la faute sur les entrepreneurs, il a admis ne pas connaître par coeur le code de l’éthique de sa profession d’ingénieur.

Malgré qu’il n’ait pas eu de problèmes économiques, de drogues ou de santé, il admet que le fait de s’enrichir davantage est une simple erreur de jugement venant de sa part. Car «Tout le monde prenait de l’argent autour de moi. Il y avait un système. J’étais mal placé pour appeler la police.»

Ainsi, quelques-uns pensent qu’il n’était pas au courant de ce qui se passait dans son entourage et pour quelques autres, ce n’était pas sa faute s’il était victime d’un système corrompu et bien implanté depuis des décennies. Ceci dit aussi pour des politiciens. Cette triste partition de la banalité de la corruption dans la société québécoise contemporaine, Gilles Vigneault l’aurait chantée avec des larmes.

Mais d’une façon ou d’une autre, il y a une sorte de morale que le Québec m’a apprise de lui et de son mode de fonctionnement, parmi les valeurs d’éthique et de solidarité qu’on m’a inculquées là-bas, au pays natal; en tant qu’immigré, que l’intégration soit difficile ou pas, c’est qu’elle donne la chance à ses jeunes gens de rêver. Peut-on parler dans ce cas du «rêve québécois»?

Je ne vérifie pas encore, mais, paraît-il qu’ici il faut avant toute chose, penser à investir en soi-même, à prendre le chemin de l’école d’abord avant de penser à réussir dans la vie comme il faut, et en toute honnêteté. Il faut avoir peur des bandits à cravates diraient d’autres. Car, à ce qu’il paraît; mes yeux me disent, que si votre espoir est dans le favoritisme  »du contact » comme on dit, vous faites fausse route, vous serez tôt ou tard appréhendé par une sorte d’escouade Marteau ou une commission Charbonneau, même après 30 ans d’exercices fiscaux. Il paraît qu’ici personne n’est exempt, pas même un politicien ou un entrepreneur. Contrairement à mon pays d’origine, où actuellement le favoritisme et le népotisme gangrènent au timon des affaires de l’État. Et c’est pour ça aussi que j’aime la nation québécoise.

Je ne souhaite pas trop me prononcer dans un dossier sensible comme la commission Charbonneau, j’avoue aussi que je ne connais pas tous les détails, mais je l’ai suivie avec intérêt. Je ne fais pas d’analyse approfondie. Je ne compte pas non plus jouer à l’autruche dans cette affaire. Je n’aime pas les dossiers chauds, ça me déprime. Et s’il y a un des mots ici qui s’accorde de plus en plus mal à la musique de mes tympans, ce mot s’appelle: La Construction.

Gilles se présente des fois comme une victime du système. Comme s’il ne savait pas que toutes médailles à des revers. C’est surprenant! Est-ce qu’on peut être innocent parce qu’on ne savait pas par coeur le code de déontologie d’une profession qu’on exerce depuis belle lurette?

Je vous raconte une ancienne histoire, celle d’OEdipe de Sophocle, vous le connaissez peut-être. Moi je vous la présente sous un autre aspect: un berger, ayant trouvé un nouveau-né abandonné, l’apporta au roi Polype qui l’éleva. Quand OEdipe fut grand, il rencontra sur un chemin de montagne un char où voyageait un prince inconnu. Ils se prirent de querelle, OEdipe tua le prince. Plus tard, il épousa la reine Jocaste et devint roi de Thèbes. Il ne se doutait pas que l’homme qu’il avait tué autrefois dans la montagne était son père et la femme avec laquelle il couchait, sa mère. Le sort s’acharnait entretemps sur ses sujets et les accablait de maladies. Quand OEdipe comprit qu’il était lui-même coupable de leurs souffrances, il se creva les yeux avec des épingles et, à jamais aveugle, il partit de Thèbes.

La commission Charbonneau fait sortir de l’ombre des vérités fondamentales: c’est que l’industrie de la construction au Québec a été façonnée par des criminels et des enthousiastes convaincus d’avoir découvert une voie du paradis. Aujourd’hui, ça commence à devenir clair comme le jour que le paradis était mal construit.

Je ne savais pas! J’avais été piégé! Je croyais! C’était le système!

Je m’excuse!

Je regrette!

Ce sont des mots qu’un accusé peut prononcer pour s’excuser ou pour se faire passer pour une victime.

Mon débat se ramenait donc à cette question: était-il vraiment conscient? Connaissait-il vraiment son code de l’éthique? Même si la justice le blâme ou le condamne. Les contribuables, à l’instar de sa famille si indulgente, à un moment donné, seront-ils prêts à lui pardonner sa cupidité et ses crimes?

Si on veut prendre en compte le mea-culpa Surprenant: «Je regrette amèrement tout ce qui s’est passé. Mes amis, mes parents, mes enfants, m’ont pardonné. Moi, je ne me pardonnerai jamais moi-même d’avoir fait ça.» Et, en se rappelant OEdipe, qui ne savait même pas qu’il couchait avec sa propre mère, et pourtant, quand il eut compris ce qui s’était passé, il ne put supporter le spectacle du malheur qu’il avait causé. Aujourd’hui, dans un sens figuré ou non propre, est-ce le triste cas Surprenant ?

Thélyson Orélien